Soir de gala



Oh que j’ai souvent rêvé à ça.

Petite, dans le salon chez mes parents, je regardais les galas à la télé et je rêvais. Ce monde rempli de strass, de paillettes et de glamour me semblait tellement plus excitant que ma petite vie sur la Côte-Nord! Je rêvais d’en faire partie. Faire quoi au juste ? Aucune idée à l’époque, mais y’a quelque chose dans cet univers-là qui m’appelait. Fort.

C’était souvent à l’heure du bain que ça se passait: je faisais des remerciements pour un prix fictif que j’aurais reçu. J’étais émue, je jouais la comédie, seule devant mon miroir et je remerciais ma famille ainsi que tous ceux qui m’avaient supportée pendant mon cheminement… de petite fille de 8 ans! Ou encore j’inventais des mélodies, des chansons. Ou je dansais seule dans ma chambre en m’inventant des chorégraphies. Ou je dessinais. Ou j’écrivais… Bref, c’était assez clair que j’avais la fibre artistique très présente, mettons. C’était mon jeu, mon univers, comme d’autres trippent sur les jeux vidéos, le soccer, le vélo, eh bien moi, c’était les arts.

Et aujourd’hui, à 41 ans, je suis invitée au Gala Artis. Mieux, j’y vais parce que je suis en nomination pour la 2e année consécutive, comme animatrice d’un talk-show… Malade! Et même si ça fait presque 20 ans que je travaille dans le domaine, que je gagne ma vie en animant à la télé et la radio, j’ai encore ce regard de petite fille de 8 ans quand j’arrive dans ce genre d’événement. Voir les Martin Matte, Julie Le Breton, Guy A. Lepage, Guylaine Tremblay, tous réunis dans un même endroit, y’a quelque chose de saisissant quand même. J’suis encore émerveillée devant le spectacle, bon public devant le travail des artistes et surtout, je me trouve ben chanceuse d’être là, assise dans ma belle robe, dans la salle.

Vous dire que je vis ça en toute zénitude serait vous mentir. Vous commencez à me connaître un peu, vous ne serez sans doute pas surpris si je vous dis que ça fait (toujours!) monter du stress en moi. Pourquoi? Parce que je sais que tout sera jugé, critiqué dans les journaux et sur les réseaux sociaux le lendemain. Le choix de la robe (certains adorent, d’autres me disent de me trouver une styliste…alors que je travaille avec une des tops de Montréal), ma coiffure (trop bouclée, pas assez bouclée, trop blonde, pas assez), mon maquillage (y’en a trop, y’en manque!), même mon corps… Tout y passe.

Mais cette année, malgré les jambes un peu tremblotantes et les pieds endoloris dans les sandales neuves-pas-encore-formées-à-mon-pied (vive les ampoules!), j’ai réussi à en profiter.

À aller dans le plaisir et moins le stress.

Le champagne a aidé, mais j’ai surtout réussi à me laisser porter par la vague. Au diable le reste.

Bref, la petite fille de 8 ans a passé une ben belle soirée ?

Julie

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