Le règne révolu des vieux mononcles cochons



Impossible de ne pas parler de ce qui se passe en ce moment avec le mouvement de dénonciations. On a tous été soufflé cette semaine, ça été comme un tremblement de terre en fait, d’abord Éric Salvail. Puis Gilbert Rozon. Gilles Parent. Et la liste continue… On s’entend que dans le showbusiness, ce sont de très gros noms, des hommes de pouvoir qui ont eu beaucoup de succès. Sur le plan professionnel, ils étaient perçus comme des grands. Sur le plan personnel, malheureusement, on se rend compte que c’était tout le contraire.

J’ai la chance d’avoir grandi avec un père aimant, d’être entourée d’hommes bienveillants, respectueux. Et j’avoue que tous ces comportements d’abus me répugnent. Me révoltent. Comme si le fait d’avoir du pouvoir, pour certains, leur donnait tous les droits. Que des fils se touchent, faisant ressortir leurs pires déviances, leurs pulsions, leur côtés les plus laids. Qu’ils sont tellement habitués que ça fonctionne à leur façon qu’ils n’acceptent pas un Non. Parce que personne d’autre n’ose leur dire Non dans les autres sphères de leur vie.

Depuis l’arrivée du mot clic #moiaussi, en tant que femme, il y a quelque chose de profondément bouleversant dans le fait de constater qu’à peu près toutes celles que je connais ont déjà connu du harcèlement ou des agressions dans leur vie. Allant du commentaire déplacé d’un patron, qu’on minimise par peur de représailles, jusqu’à l’abus. Comme si, parce qu’on était des femmes, ça venait avec notre statut? C’est même rendu que je me considère presque chanceuse de ne jamais avoir été agressée! Ça non plus ça n’a aucun sens!

À travers toutes ces têtes qui tombent et ces carrières qui s’effondrent, je tiens surtout à applaudir le courage des victimes qui se mobilisent pour dénoncer. Bravo d’oser briser le silence, de renverser la vapeur. Des abus laissent des cicatrices, des traumatismes à vie chez certaines victimes. Imaginez la force que ça prend, quand on est déjà fragilisé, pour dénoncer, ressasser cette histoire, devant le public en plus? C’est énorme. Et ça mérite notre soutien inconditionnel.

Et à travers tout ça, ce que ça me dit surtout, c’est que le règne des vieux monocles cochons est fini.

Tenez-vous le pour dit.

Bienvenue en 2017.

Julie

Partager:

À lire aussi

Julie
Les états d’âme de Julie
Le temps du doux
Julie
Les états d’âme de Julie
Les premières