La bonne fille



J’ai toujours voulu être une bonne fille. D’aussi souvent que je me souvienne, j’ai fait ce qu’on me demandait. J’étudiais, je ne dérangeais pas en classe, je souriais, je faisais ce qu’on attendait de moi. Pourquoi je faisais tout ça? Pour être aimée, fort probablement. Pour moi, faire le contraire des directives, risquer de me faire chicaner, confronter l’autorité, rien de tout ça n’était une éventualité dans ma tête. Zéro rebelle face à l’autorité.

La rébellion est arrivée sur le tard.

En fait, dans la trentaine (merci thérapie!).
Et même si je n’aime pas plus confronter ou mettre mon poing sur la table, même si je déteste toujours autant provoquer un malaise ou de la peine chez l’autre, je me fais un devoir d’écouter ma voix intérieure. Si je ne suis pas bien, je le nomme. Ça, c’est ma job. Que l’autre pleure, rit ou soit indifférent, à la limite, ce n’est pas de mes affaires. C’est ça vieillir: se montrer tel que l’on est, peu importe les conséquences. S’aimer assez pour respecter sa voix, son élan, ce que le coeur nous dit par en-dedans… malgré l’inconfort que ça peut provoquer.

C’est jamais évident.

Ça décoiffe, ça tord le ventre. Je me souviens de ma psy qui m’avait dit un jour: « Tu vas peut-être perdre des gens autour de toi, mais c’est pour ne pas te perdre toi! » Si l’autre refuse qu’on lui montre notre vraie couleur, ben c’est juste que ça ne fittait pas avec nous pour vrai. C’était bâti sur une base ben fragile…qui allait s’effondrer au premier coup de vent.

Alors voilà, malgré mes connaissances, mes années de thérapie, le réflexe de la bonne fille n’est jamais loin. Mais au lieu de faire ce qu’on attend de moi, j’essaie de faire ce que j’entends en moi. Ce que je ressens pour vrai.

La bonne fille essaie d’être une femme vraie.

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