J’ai un quota de mots



J’ai un quota de mots à sortir. À tous les jours.

Je m’en suis rendue compte lors de mes dernières vacances.

Une journée où je n’avais fait ni de radio, ni de télé,  ni eu de discussion significative avec quelqu’un de mon entourage. C’est là que l’angoisse avait décidé de se pointer, à sa place habituelle, au creux de mon ventre. Comme ça. Pour rien. Sans être invitée ni désirée. De la visite qui s’impose et qui reste à coucher. Super.

Le corps nous parle à ce qui paraît. Du moins, moi j’y crois.

Contrairement aux fois précédentes où j’essayais de faire disparaitre ce sentiment désagréable le plus vite possible, cette fois, j’ai tenté de comprendre. De le regarder en pleine face. Pourquoi s’inviter là, en pleine journée relax où il ne se passe rien, où l’horizon est calme, où il n’y a aucune tempête, ni même de vent? C’est là que j’ai eu le déclic: et si cette pointe agaçante qui m’ébranlait le creux du ventre était en fait un signal, un indicateur que je n’ai pas fait ce que je devais faire pour être bien? Pour prendre soin de moi et de mes besoins? C’est là que j’ai réalisé: c’est plus qu’un besoin de parler, j’ai un besoin viscéral de communiquer! Je suis faite pour ça.

Toute ma vie tourne autour de ce fait. Je parle à la radio, au téléphone avec les auditeurs, à la télé, avec mes invités, mes collègues, j’écris et même l’album que j’ai fait il y a plusieurs années, était une façon de plus de communiquer qui je suis, ce que je ressens, ce que je pense.

Quand je ne le fais pas, que je stoppe les moteurs, débranche la machine, je deviens tout à l’envers, comme un violon désaccordé, une poupée désarticulée. Comme si ma machine était faite pour ça et le fait de ne pas la faire fonctionner à plein régime, les alarmes se mettaient à rugir pour la remettre sur pied.

Je me souviens, petite j’étais déjà ainsi. Je m’emmerdais royalement quand on passait la soirée, en famille, sans parler, à regarder la télé. J’aurais tellement voulu jaser! Savoir ce que l’autre ressentait, vivait pour vrai!

J’avoue que ça peut être ben fatiguant à la longue pour les autres.

Mais de prendre l’anxiété comme un signal et non plus comme un simple irritant, grain de sable dans l’engrenage, ça m’aide à rouler plus doux. À me comprendre un peu plus. Et à jaser plus aussi 🙂

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