Imperfection parfaite



Ça fait longtemps que je ne me suis pas installée au clavier pour écrire. Écrire autre chose que des sujets pour la radio ou des listes à accomplir (ben oui, vous me connaissez, moi pis les listes!) Et Dieu sait que j’en ai plusieurs qui s’accumulent sur mon bureau ces jours-ci.

Y’a eu celle Pré-gala Artis. OMG qu’il y en a eu des rendez-vous avant le fameux jour où on a flashé nos kits sur le tapis rouge! À regarder mon agenda-beauté on aurait pu croire que je venais d’entrer dans la famille Kardashian! Esthéticienne, coiffeur, coloriste, manicuriste, styliste et couturière pour les retouches (ma robe a tellement été retravaillée, pour qu’elle me fasse parfaitement, que je disais à la blague que c’était maintenant une création Stella Mc Cartney et Lison ma super couturière!) Bref, je comprends pourquoi je préfère le look naturel, jouer à la fi-fille, c’est de l’ouvrage! Clairement ce n’est pas demain la veille que je vais me popouniser. J’pense que je me suis assez fait tripoter pour la prochaine année!

Y’a la liste Déménagement aussi. Celle-là n’est pas encore cochée au grand complet. Mais le jour J approche à grands pas. Donc des boîtes en veux-tu en v’là, des changements d’adresses et du ménage (parce qu’évidemment on garde toujours un paquet de gugusses inutiles!) Mais cette liste-là est ben excitante parce que je le sais qu’on s’en va habiter dans la maison de nos rêves. Un vrai cadeau dans une vie. Mais bon, ça vient avec une liste de to-do pareil!

Et évidemment je passe la liste Travail. Des entrevues, des réunions, des séances photos pour les campagnes publicitaires de l’automne prochain… Bref, mon agenda déborde jusqu’aux vacances.

Mon mari et moi, après le extreme makeover 🙂

Entre 2 boîtes et mon extreme makeover du gala Artis, j’ai réalisé quelque chose d’important. Je me targue depuis des années d’avoir « guéri » mon perfectionnisme. (Guéri, le mot est fort, ça demeure à jamais un réflexe pour moi de pousser la machine, mais je suis beaucoup plus consciente qu’avant.) Je travaille aussi fort, mais j’ai plus de compassion à mon endroit quand je fais une erreur ou que le résultat n’est pas celui espéré. Ça arrive. On est tous humain. Je m’aime assez pour pouvoir me donner un break et pas (trop) me taper sur la tête.

Mais, comme on me l’a appris en thérapie, ça se raffine ces beaux patterns-là.

Je réalise que mon perfectionnisme s’est transposé ailleurs dans ma vie.

Au gala par exemple, je voulais un look impeccable (à mon goût, du moins). Il fallait que ce soit PARFAIT, rien de moins. Mes cheveux, mon maquillage, mes ongles, toute!. On s’entend-tu que c’est moi qui me met pareille pression? Je fais ça pour qui? Pourquoi?

La maison c’est la même chose. J’ai vraiment l’impression d’avoir trouvé LA maison de mes rêves: sur le bord du fleuve (je capote!!), blanche comme je l’aime, qui me rappelle les maisons du Maine qui m’ont toujours fait rêver. PARFAITE!

Je constate que mon perfectionnisme n’est pas guéri, il est encore là, mais qu’il s’est transposé. Il est passé de ce que je fais… à ce que je suis! Aaarrrkkkk!!! C’est épouvantable comme constat! Comme si, pour être heureuse, je voulais me transformer en personnage de comédie romantique qui habite dans une maison digne d’un magazine. Ça n’a aucun sens. J’peux ben être brûlée, mes critères sont complètement déraisonnés. Ça m’a fessé en pleine face ce constat-là.

Qu’est-ce que je vais faire avec ça? Sincèrement, je n’en ai aucune idée. Mais je vais peut-être commencé par éliminer quelques items de mes listes…pis pour une fois, au lieu d’over-analyser et tenter de tout régler, je vais aller prendre une marche. Il fait beau aujourd’hui, mon corps imparfait va être content.

Julie

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