Retour à la normale, par Léa Bégin

Texte et photos Léa Bégin  



Vendredi 13 mars. Le jour ou j’ai pensé que tout allait s’écrouler. Le Beauties Lab, ce projet qui est mon bébé, dans lequel j’ai investi chaque sous, chaque minute. Beaucoup de sueur et de bonheur. Même pas un an d’existence. État de choc; région pelvienne qui me le confirme avec une infection urinaire et une vaginite. Les grands classiques. Le lendemain, le stress est toujours là, mais mon mindset revient à son état normal. Positif. Optimiste. Go getter. Ok, niveau économique, ça brasse négativement. Mais pour notre Mère Terre, c’est la délivrance absolue. Le retour du balancier. Moi qui a l’environnement à cœur, ça me fait un baume.

Je choisis donc, à chaque heure et chaque minute, de mettre mon état d’esprit en mode solution et progression. Comment puis-je honorer ma mission, qui est d’apporter le bien-être aux gens autour de moi, en quarantaine? Continuer ce que je faisais déjà, mais me concentrer en ligne pour l’instant. Des directs sur instagram, des consultations privées par FaceTime, des livraisons de produits. Je travaille 6 jours semaine, du matin au soir, mais au moins je travaille. Et ça fonctionne.

Puis, je tombe sur cette photo de voyage au Mexique.

Un des nombreux pays lourdement touchés par la crise. La crise. La crise. Elle ne finit pas cette crise. J’ai donc écouté une conférence en ligne de la BDC qui donnait des statistiques et des trucs pour gérer le retour à la normale pour les entreprises. Mais le tableau qui montrait que la Chine allait beaucoup mieux m’a serré le coeur et la cage thoracique. Il ne faut pas que ça redevienne normal. La normalité, notre normalité, l’être humain qui sabote la terre, qui la prend pour acquise, qui est beaucoup plus préoccupé par le decrescendo de son portefeuille que le crescendo de la qualité de l’environnement. « Ah ben oui mais c’est ça Léa, c’est d’même, ça s’appelle le capitalisme. » Oui merci j’avais compris, mais là, tout ce dont j’entends parler, c’est la peur du virus et le crash de l’économie. On devrait donner plus de place à Mère nature dans les discussions.

En ce moment, on a la chance (l’obligation, mais aussi la chance) de pouvoir s’arrêter. Le manque de temps n’est plus une excuse. On a le temps de s’asseoir et de connecter avec soi-même et de se demander : 1- Est-ce que je veux être la meilleure version de moi-même en sortant d’ici? 2- Quelles sont mes valeurs? 3- Comment puis-je accéder à cette partie de moi? Qu’est-ce qui doit changer? What am I willing to sacrifice? /// Je suis fière de notre gouvernement qui gère la situation avec beaucoup de délicatesse et de maturité. Mais il faut penser au retour. Est-ce qu’on fera preuve d’autant de délicatesse et de maturité envers la planète? On ne peut PAS revenir comme avant. Il faut changer, évoluer. Consommer local, consommer moins mais mieux, composter, faire plus de vélo, prendre moins l’auto, I mean, you do youBut we have to do something. J’espère que tout le monde pense un peu à ça… Pas juste au virus et au portefeuille.

Au moment d’écrire ces lignes, j’analyse mon comportement envers l’environnement. 95% de mes vêtements sont de seconde main, je ne mange pas beaucoup de viande, mais… Mon auto. Je suis à penser à me départir de l’amour de ma vie. Ma voiture. On a mis la terre hors de sa zone de confort pendant si longtemps, c’est à notre tour de le faire. Toi, quel changement hésites-tu à faire par peur de sortir de ta zone de confort?

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Pour suivre Léa Bégin
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