Le laissez-passer vers vos rêves, par Bérengère Thériault

TEXTE BÉRENGÈRE THÉRIAULT



Lorsque j’étais à l’école primaire, mon père m’a offert le plus beau cadeau du monde : le livre L’Alchimiste, de l’auteur brésilien Paulo Coelho. Ce conte philosophique démontre que lorsqu’on écoute son cœur, celui-ci nous ramène toujours à notre raison d’être sur Terre. On sait alors précisément pourquoi on existe et quelles décisions prendre pour être heureux.

Je relis L’Alchimiste tous les deux ans. C’est toujours un beau rappel pour moi : « Des rêves, c’est fait pour être réalisés ».

Le rêve que je suis en train de réaliser : un tour du monde

J’ai toujours eu soif d’aventures. Depuis que j’ai l’âge de la raison, je consacre une grande partie de mon budget aux voyages, plutôt que de dévaliser les centres commerciaux. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours su que j’allais faire un tour de la planète, comme je sais que je vais mourir un jour. C’était un passage naturel et obligatoire dans ma vie. Ça allait être euphorique, peu importe à quel âge et avec qui je réaliserais ce rêve.

L’automne dernier, j’annonçais à mes proches et à mes clients que je quittais le Québec pour effectuer ce long voyage. Après avoir parcouru quelques pays africains, me voici en Europe pour l’été.

Depuis mon départ, j’ai entendu toutes sortes de commentaires. Un de ceux-là me touche particulièrement : « Tu m’inspires ». Je l’écris les joues bien rouges, avec beaucoup de gêne et en toute humilité.

D’autres commentaires m’agacent un peu. D’abord, il y a ces messages de gens que je connais à peine, qui me demandent combien je gagne par année pour me permettre ça. Il y a aussi cette phrase : « T’es TELLEMENT CHANCEUSE! Je ne pourrais jamais faire ça, MOI! »

Comme si on se levait un matin et qu’on gagnait le gros lot : « Bonjour, vous avez gagné un tour du monde. Venez chercher votre laissez-passer! »

On mène la vie de nos choix

Comme tout le monde, j’ai parfois fait des choix de vie basés sur mes peurs, plutôt que mes réels désirs. Mais, à quelques exceptions près, comme la maladie, j’ai toujours cru que nous avions le plein contrôle sur notre destinée et sur nos réactions face aux obstacles de la vie.

On a tous le pouvoir de réaliser nos rêves les plus fous et de changer notre quotidien, s’il ne nous convient pas. On a aussi le choix de laisser nos craintes nous envahir ou non, de consulter, de parler à des gens qu’on admire pour connaître leurs trucs, alouette!

Personne ne pourra jamais vous dire avec une boule de cristal si vous faites le bon choix lors d’un changement majeur dans votre vie. La vie serait trop facile – et ennuyante. Heureusement, quand nos choix suivent notre cœur, on a rarement des regrets, peu importe le résultat final.

En 2016, une amie est décédée du cancer du sein, à 37 ans. Elle était maman de deux jeunes enfants. Ses paroles, avant son départ, sont restées gravées dans ma mémoire. Elle m’a rappelé l’importance d’arrêter de reporter nos projets à plus tard.

Ma voix intérieure est encore plus présente, depuis. Si je savais que j’allais mourir dans un an, quelle décision voudrais-je avoir prise aujourd’hui?

Des sacrifices, beaucoup de travail. Moins d’objets, plus de moments.

J’avais trois emplois en allant à l’université. J’ai aussi été très carriériste toute ma vie, jusqu’à en oublier que le temps, ça ne revient pas. C’est pourtant si précieux.

J’ai travaillé un minimum de 45-50 heures par semaine jusqu’à la veille de mon départ pour ce tour du monde. C’est loin d’être une fierté, travailler autant, mais je n’ai aucun regret. J’ai appris à être disciplinée et organisée. Ce sont deux qualités utiles lorsqu’on quitte un emploi stable dans une grande entreprise pour devenir travailleuse autonome, ce que j’ai fait il y a six ans.

Débuter à mon compte dans mon domaine m’a demandé des investissements financiers et plusieurs sacrifices. Ça m’a d’abord amenée à vivre un stress incroyable et ô combien de nuits blanches! La confiance de mes clients m’a ensuite donné des ailes et un horaire plus flexible.

Il y a quelques années, j’ai aussi décidé de troquer un luxueux condo pour un autre, plus vieux et de moitié plus petit. J’ai vendu des tonnes d’objets inutiles durant ce processus, de là des économies importantes.

Sans même le savoir à ce moment, je mettais en place les assises pour mener à terme ce rêve de tour du monde :

–          Plus de liberté et de flexibilité
–          La possibilité de travailler à distance
–          Moins de dépenses, autant de travail

ET BANG! Un jour, je me suis réveillée, puis j’ai regardé mes économies. Toutes les façons inimaginables de dépenser cet argent m’angoissaient, même les placements.

Investir pour mes vieux jours? NON. Je le fais déjà raisonnablement.

Ma maison de rêve devant un lac? Célibataire, c’était NON.

Acheter des bébelles? J’avais tout ce dont j’avais besoin.

Ici et maintenant, j’étais jeune, libre, en santé … et voyager était ma plus grande passion. Je n’aurais qu’à prendre ma retraite trois ans plus tard, si c’est ce que ça prenait!

Envoyer promener nos peurs et oser

Ça fait maintenant 6 mois que je voyage, sans trajet préétabli ni but précis. Et c’est probablement le meilleur plan que je n’ai jamais eu, celui de ne pas en avoir! Respirer, relaxer, pratiquer un sport, lire, découvrir les plus beaux endroits de la planète et faire des rencontres extraordinaires, ça me convient parfaitement. Et ce temps, je ne l’ai pas volé.

Chaque jour, je rencontre des gens qui, comme moi, vivent leur rêve. Que ce soit sur un voilier, en famille, avec des enfants, entre amis dans un vieux minibus, célibataire, retraité, étudiant, en amoureux ou avec son sac à dos… Tout le monde a une histoire différente, et je n’ai rencontré aucun millionnaire, en passant!

On fait des choix toute notre vie :

–          retourner sur les bancs d’école ou continuer de faire un travail qu’on n’aime pas.
–          gagner moins d’argent, mais avoir plus de temps.
–          décrocher un deuxième boulot le weekend pour avoir plus d’économies.
–          avoir un ou trois enfants, avec les responsabilités qui viennent avec, mais aussi avec des tonnes de moments extraordinaires.

On peut prendre des risques calculés ou suivre les normes, dépenser ou épargner, acheter une nouvelle voiture ou vivre de précieux moments avec cet argent, etc.

En route vers un autre 6 mois autour du globe, je repense souvent à une chose que j’ai apprise ces dernières années : petits ou grands, nos rêves sont réalisables! C’est tellement beau et stimulant juste d’y penser, non?

Dans la vie, il faut savoir vibrer et suivre nos désirs intérieurs. Et se rappeler qu’on est chanceux d’avoir un temps alloué sur Terre pour ça…

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