Jean-Marie Lapointe

À une époque où on mise beaucoup sur l’image, sur le paraître, quelqu’un comme Jean-Marie Lapointe fait du bien. En revenant au vrai, à l’essentiel, à l’acceptation de soi et des autres. On sent tout le travail que ce gars-là a fait sur lui et on ne peut que s’inspirer de son parcours et de sa façon d’entrer en contact avec les autres.



No 1

Les gens sont fondamentalement bons

Je crois que les gens sont fondamentalement bons dans le fond de leur âme. Pour moi, c’est même devenu une croyance, une foi. J’ai appris avec le temps, que les gens sont bons, même lorsque leurs comportements sont moins bons. Souvent, je me rends compte que si je gratte un peu, dans le fond, la personne elle est fine mais elle ne le sait peut-être juste pas qu’elle est une bonne personne. Elle est peut-être maladroite, ou blessée, ou son ego est peut-être simplement démesuré.

J’ai appris ça avec le temps dans ma vie que les gens sont bons. Malgré nos comportements et nos blessures nous sommes des êtres fondamentalement bons.

Par exemple, en faisant Face à la rue avec les gens de la rue, j’ai été témoin de gestes d’une très grande bonté. Oui il y a beaucoup de gens qui souffrent de maladie mentale, d’addictions etc., mais malgré l’inconfort de leur vie, malgré la précarité, les gens continuent de partager et sont solidaires. Et de croire en la bonté des gens, ça fait de moi un homme qui est beaucoup moins dans la méfiance, ça fait de moi un homme plus libre, un homme qui n’est pas dirigé par la peur.

No 2

Peur n’est pas un bon moteur dans la vie

Les succès se remportent malgré la peur, pas grâce à la peur. Si tu veux être heureux dans la vie, tu ne peux pas faire de la peur ton moteur. On n’est plus à l’époque préhistorique où un dinosaure pouvait nous courir après. À cette époque-là, la peur existait pour nous aider à fuir ou à nous battre. Mais maintenant, la peur pour moi c’est une création de l’esprit. La grande majorité de nos peurs sont celles que nous nous créons nous-mêmes, ce sont des pièges de l’esprit : peur de manquer d’argent,  peur d’être abandonné, peur de perdre sa job, son char, son permis de conduire, peur que notre enfant tombe malade, peur de mourir. Toutes ces peurs, c’est nous qui nous les créons et c’est nous qui nous nous les infligeons. Les peurs peuvent nous conduire jusqu’à la dépression ou au burn-out. Ce n’est pas un bon moteur pour nous dans la vie.

No 3

Rien n’arrive jamais pour rien dans la vie

La foi c’est de croire à la lumière, même quand on ne la voit plus. Quand on est dans le tunnel, dans la noirceur totale, la foi c’est de croire que la lumière existe même si tu ne la vois pas. Dans les périodes de troubles, d’incertitudes, de stress, d’angoisses, dans les moments où on se demande qu’est-ce qui va nous arriver, c’est un peu comme le passage de la chenille au papillon. On vit une transition. Et de passer de la chenille au papillon, ça se fait dans un certain inconfort. Même chose avec le homard qui doit, à un moment donné dans son existence, se libérer de sa carapace parce qu’elle est trop serrée et qu’il y vit à l’étroit. Se libérer de sa carapace, c’est un acte de foi, parce qu’une fois qu’il n’a plus de carapace, le homard devient extrêmement vulnérable, il doit donc se cacher, se mettre à l’abri pour ne pas que les prédateurs le mangent. Et en attendant que la nouvelle carapace se reforme, le homard doit faire un acte de foi, il n’a pas le choix s’il veut grandir et évoluer.

C’est la même chose qui nous arrive, nous les êtres humains, quand on vit des transitions. Les transitions ça fait peur, c’est inconfortable, mais on doit faire ce saut-là parce que si on ne le fait pas, on va mourir à petit feu. Il y a quelque chose de plus grand qui nous attend et on doit sauter dans le vide et se libérer de nos peurs qui sont nos carapaces pour grandir.

Et c’est quand on retrouve une nouvelle vie, un nouvel équilibre, qu’on comprend qu’on devait passer par cette étape-là, cette étape de transition inconfortable.

Moi par exemple, j’ai vécu des années difficiles sur le plan professionnel et financier mais maintenant je comprends pourquoi j’ai vécu ça. Parce qu’aujourd’hui je ne pourrais jamais tendre la main à un gars dans la rue si je n’avais pas ressenti et vécu moi aussi le vide, l’addiction, les idées noires, la solitude. C’est par mes expériences difficiles passées que je peux moi aussi servir l’autre. La vie m’a donc appris, que rien n’arrive pour rien.

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